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Aurélie Filippetti vue par Ternoise... non autorisé !...

la France ce beau pays où une jeune femme écrivain dirige la culture

Le parcours d'Aurélie Filippetti...

Même s’il semble de bon ton de considérer notre ministre comme une excellentissime romancière (la France, ce beau pays où une jeune femme écrivain dirige la culture), j’espère qu’elle n’est pas dupe ! Se serait-elle à ce point engagée en politique si elle avait cru en ses capacités littéraires ? Nous avons presque le même âge, donc forcément son cas m’intéresse encore plus. Malgré quelques errements (comme ce samedi 9 février 2013 où elle se laisse entraîner dans les petites phrases sur twitter, tentant de "racheter " son « c’est l’éditeur qui fait la littérature » et finalement dans une parenthèse note à 18 heures 15 « (l'auto-édition est riche de promesses) » au point que je répondais rapidement en jurant ne pas avoir piraté son compte ! (ce qui ne fut pas repris par le monde impitoyable de twitter capable de retwitter des milliers de fois les banalités des Justin et compagnie)

Pour comprendre une politique, parfois il convient de comprendre la personne, son parcours. Ségoléniste en 2007, elle fut l'une des premières à rejoindre François Hollande, quand le PS misait sur DSK, peut-être pas forcément pour des raisons de convictions. Elle fut ainsi entendue par des policiers, à la demande du parquet de Paris, au sujet des déclarations de Tristane Banon après sa plainte pour tentative de viol contre DSK... Car en 2008, la députée avait confié une drague “très lourde, très appuyée” du grand homme de gauche et sa parade : “je me suis arrangée pour ne pas me retrouver seule avec lui dans un endroit fermé” ; serait-elle devenue sa ministre de la culture ? Aurélie culture, deux syllabes intéressaient peut-être l'éminent Dominique (qui aurait fait un excellent Premier Ministre selon la Ségolène 2007...)
Quand DSK et Cahuzac se rencontrent, qu'est-ce qu'ils se racontent ?

Ainsi, à 38 ans, la députée socialiste de Moselle, fut chargée, au sein de l’équipe du plus fin politique de son parti, des dossiers de la culture et des médias.
Quand elle reçut Le Monde, pour un article publié le 22 décembre 2011, ce fut dans son bureau de l'Assemblée où elle avait accroché la reproduction d’une œuvre d’Ernest Pignon Ernest, celle où un « Je t’aime » barre sur un mur un « Défense d’afficher » à côté de la silhouette d’Arthur Rimbaud jeune. Et elle précisa « Elle était dans ma chambre quand j’étais étudiante. J’aime Rimbaud. Et j’aime Ernest Pignon-Ernest. J’aime l’idée qu’on peut faire de l’art sans moyens. »
Je l’ai également eue, mais en carte postale, cette reproduction. Peut-être même m’a-t-elle suivie dans le Lot, et patienterait dans un carton.

Vous souvenez-vous, madame la ministre, de ce "romantique" « j’aime l’idée qu’on peut faire de l’art sans moyens » ? Certes, vous n'aviez pas précisé que l'on puisse en vivre ! Que l'on devienne des Arthur Rimbaud ? Des trafiquants d’armes en Afrique ?
À la question : « Alors vous êtes la prochaine ministre de la culture si la gauche gagne la présidentielle ? »
Réponse charmante, on sent déjà une certaine connivence entre la future ministre et les journalistes qui la suivront : « (Elle rit…) Allez, je n’ai pas envie de parler de ça. »
Mais aussitôt à : « Pourquoi vous, à ce poste ? » elle enchaîne comme d'une chose acquise : « Je viens d’une famille communiste, où l’objectif d’émancipation par la culture était très fort, où il n’y avait pas de projet politique sans projet culturel. La culture, c’est lutter contre les inégalités, c’est sortir d’une vision apocalyptique de l’avenir. La culture donne un sens à la vie. Moi, ce qui m’a sauvée, c’est la littérature. Une prof de français formidable qui nous faisait découvrir plein de choses. À nous qui étions des enfants d’immigrés italiens, polonais, maghrébins, elle faisait lire Georges Perec. Quand je suis partie au lycée à Metz, elle m’a offert une « Pléiade » de Marguerite Yourcenar. C’était comme si elle me transmettait le flambeau. J’y ai vu ce message : faire des études, cela ne veut pas seulement dire avoir un travail et de l’argent, c’est une émancipation intellectuelle qui donne un autre rapport au monde. »
Historiquement, quand le communisme s'occupa de la culture, les artistes ont eu le choix entre la ligne du parti et la dissidence, en l'occurrence le samizdat (auto-édition). Annonçait-elle en filigrane que les artistes français allaient avoir le choix entre suivre sa ligne ou partir ? Le "départ à l’est" de Gérard Depardieu prend, sous cette optique historique est-ouest, une dimension pour l’instant insoupçonnée par nos vaillantes plumes... 
Donc « La culture, c’est lutter contre les inégalités » sauf pour les créateurs ? Quant à cette « émancipation intellectuelle qui donne un autre rapport au monde », elle se perd dès qu'on accède au pouvoir ?
Nous avons pourtant un point commun. Je pourrais également déclarer « moi, ce qui m’a sauvé, c’est la littérature. » Même si, comme je l’ai écrit dans une parodie d’une bluette de Vincent Delerm « y’en a pas fait d’bouquin mon père, de ses dernières gorgées de bières… » À 20 ans, un bac + 2, c’était déjà énorme pour un fils d’agriculteurs, c’était même la première fois qu’un tel diplôme arrivait dans le village, donc je suis entré dans une forme d’usine, une forme de mine, un bureau, chez l’assureur des agriculteurs.

Retour aux questions. Et attention, si elle fait de vieux os rue de Valois, le pire est peut-être à venir ! Car elle répondait à « De tout ça, en tant qu’écrivaine, vous avez trouvé matière à récit. Vous pensez que le temps de l’enfance est celui de la culture. Que celle-ci nécessite une politique volontariste ou éducative… » un dangereux « Je ne crois pas à la vision de Malraux selon laquelle il suffirait de mettre les gens en présence de l’art pour leur en donner le goût. Il faut travailler sur la durée. D’où l’importance de l’éducation artistique. D’où l’idée de créer un jumelage entre un artiste et une classe tout au long d’une année scolaire. Il faut montrer l’art, mais aussi expliquer la démarche de création. »

Un jumelage entre un artiste et une classe ! Idée communiste de l’artiste utile ! François Bayrou proposa également quelque chose dans ce genre, d'aussi aberrant, peut-être chez lui en logique religieuse ! Nous organisons un système pour que vous ne puissiez pas vivre de vos œuvres donc rendez-vous utiles en suivant une classe. Un artiste n’est pas un prof, il n’en a pas les mêmes qualités ni les mêmes défauts. Que signifie dans une tête ayant effectué la symbiose du communisme et de nos grandes écoles « expliquer la démarche de création » ? Expliquer la nécessaire soumission aux Lagardère et Gallimard ? Qu’un écrivain doit rester un enfant qui attend l’approbation et les félicitations d’une grande personne ?

Question politique : « Certains artistes et professionnels, à gauche, s’inquiètent de ce qu’ils imaginent de votre programme et se disent plus écoutés chez Sarkozy… »
Réponse à relire : « Sarkozy drague à fond le monde de la culture. Entre l’homme qui affirmait il y a cinq ans que La Princesse de Clèves n’intéresserait pas une guichetière, et celui qui, aujourd’hui, veut donner l’image d’un président cultivé, il y a un fossé… Mais face aux révolutions technologiques, la gauche a toujours su répondre en défendant les droits des auteurs – loi Lang sur le prix unique du livre, loi sur la copie privée… Sarkozy veut faire croire que la culture est une citadelle assiégée par des hordes de jeunes délinquants, des "pirates", version culturelle du "caillera". Opposer à ce point les artistes et la jeunesse, c’est une aberration. »
Comment, après avoir prétendu « face aux révolutions technologiques, la gauche a toujours su répondre en défendant les droits des auteurs », mener une politique pour les éditeurs ? Car il faut des éditeurs millionnaires pour qu’un peu de miettes tombent sous la table ?

Quant aux deux exemples, loi Lang sur le prix unique du livre et loi sur la copie privée, il faudrait arrêter de ne pas oser les critiquer ! La loi Lang n’a permis qu’aux industriels de l’édition de contrôler un marché duquel les indépendants furent exclus et même des « grandes maisons » n’eurent d’autre choix que de se vendre aux mastodontes. Quant à la loi sur la copie privée, elle est l’une des plus honteuses de la République, excluant les indépendants de toute part du gâteau.

(...)

Extrait de Ya basta Aurélie Filippetti ! selon Ternoise.



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